Pour cause de demi finale j ai aujourd hui fait un saut de puce vers l Est. Je ne voulais pas me retrouver au milieu de nulle part, et me suis donc arrete aux portes d une grande steppe. Les montagnes de Crimee sont qq kilometres derriere moi. Devant c est une steppe que je devine brulante. La prochaine grande ville est a 99 km, mon etape de demain.
J ai passe presque un mois en ukraine et si le debut a ete un peu laborieux, la Crimee m a regale. il y a tout pour satisfaire le cyclo le plus exigent, un climat agreable, la mer, de belles montees, de belles descentes, des gens acceuillants et des strings perches sur des jambes 1.20 metre. Le bonheur quoi.
C est aussi mon premier pays de l ex URSS traverse. Si tout le monde a tire un trait sur le passe il y a encore une nostalgie du made in USSR. Hier soir, je suis arrive a Alushta et trop fatigue pour en repartir j ai passe la nuit dans cette station balneaire. j y ai rencontre Igor, un ancien marin aujourd hui agent d entretien dans un hotel. Sans se plaindre Igor, m avoue que la vie pour lui est bien difficile ici, il gagne 250kr par mois et une fois les 50 kr de loyer payes il ne lui reste plus grand chose. Il ose me demander combien il faut d argent pour vivre modestement en France. Je lui explique ce qu est le SMIC et lui donne un montant approximatif tout en lui precisant que tout est beaucoup plus cher en France qu ici.
A mon tour de poser une question qui me brule les levres. "Etait ce mieux avant la chute du mur?" Il me demande quelques minutes avant de formuler sa reponses et me dit "Nous vivions dans un paradis et ne le savions pas. Il y avait du travail pour tous, tout le monde mangeait a sa faim, il n y avait pas de mendiant. Voila pour le bon cote. Par ailleurs, il n y avait pas de liberte, le KGB etait partout, c est pour ca que je voulais partir de ce cauchenar communiste".
Igor, un laisse pour compte de la croissance Ukrainienne etait tres fier de parler Anglais avec moi au milieu de ces riches touristes. Regarde m a t il fait remarquer les gens nous regardent. Lui que personne ne voit habituellement attire aujourd hui les regards.
On s est separe sur une poignee de main chaleureuse et sur des "God bless you". Je crois que ses yeux brillaient un peu. Il m a promis de belles rencontres en Russie, un peuple genereux et chaleureux. Je n en doute pas.