
Tout etait simplement trop beau dans ce petit coin du monde.
J ai retrouve Matt comme prevu devant la poste, a 12h00.
La route etait belle et les rencontres allaient bon train.
Notre premiere nuit sur la route nous l avons passee avec un vendeur de pasteque, sous un petit auvent de roseaux, allonges sur une litiere fraiche. On aurait presque pu se prendre pour le petit Jesus. Il y avait le bruit des voitures, le sol etait dur, mais on etait bien, la, sur notre bord de route a partager un bout de pasteque et des biscuits avec notre hote d un soir, tout heureux d avoir un peu de compagnie.
Puis, il y a eu l autobus. Il etait gare au bord de la route, et les passagers se degourdissaient un peu les jambes. On s arrete a quelques metres pour faire une photo, du bus, des passagers et de la montagne en arriere plan. On est invite a s approcher, et sans meme avoir eu le temps de descendre du velo on a deja serre toutes les mains. On est encercle par des sourires et des eclats de voix. Il y a meme un joueur d accordeon qui fait chanter son petit monde. On nous offre du pain, du raisin et sto grammes de vodka. Puis le chauffeur annonce le depart et on se retrouve, a nouveau dans le calme tout heberlues par toute cette joie. La tempete de sourires s arrete aussi soudainement qu elle a commencee.
Peu apres, dans un petit village, c est une famille au grand complet en habit traditionnel qui nous invite a partager un plov. D une yourte dressee dans la cour de la maison s elevent des complaintes. Nous apprendrons un peu plus tard qu ils celebrent la memoire d une grand mere decedee l an passe. Ils ne nous laisserons pas partir sans emporter un peu de nourriture.
Il y a aussi eu un autre vendeur de pasteques. On lui achete une pasteque, il nous donnera egalement des tomates, des pommes et du raisin. Il est heureux de nous faire profiter de son ombre et de l eau fraiche du petit ruisseau qui coule au bord de son jardin. On y restera assez longtemps.
Puis il y a eu le chien. On commencait a vraiment etre en montagne. Ca ressemblait au Khirghistan comme on le reve avant d y etre. Des montagnes toujours plus hautes, des yourtes, des visages brules par le soleil et l air sec, et une route qui n en fini pas de monter.
Tu l as voulu!!! Tu l as eu!!!! est notre phrase du jour. Mais on ne pense pas a se plaindre, on est trop heureux d y etre enfin. Et il y a eu le chien. Un vieux cabot, sournois, pas trop gros, juste assez haut pour m arriver a la cheville. Cheville qu il a decide de gouter alors que je revenais d acheter un peu de pain a ses proprietaires. Ses vieilles dents ne m ont pas trop fait mal. Elles m ont juste un peu ecorche. Pas de combat glorieu, il m a mordu et s en est alle. Me laissant sur le bord de la route avec la rage de devoir arreter la cette belle journee pour aller me faire vacciner.
Meme vue de la cabine d un kamaz, la montagne Khirghize est belle. On reviendra peut etre ou on s est arrete...
La route est encore longue et belle.
Philippe |