
Bonjour a tous,
Je suis actuellement a Turkestan a quelques 250 KM de la frontiere Ouzbeck. C est avec un peu de crainte que j ai mis les roues au Kazakstan. Je redoutais un peu de traverser toute cette steppe dans un pays qui n est pas repute pour etre des plus touristique.
Il ne m a fallut que peu de temps pour prendre la mesure de la steppe et de ses habitants. Je ne compte plus les signes d encouragement recus au bord des routes et les propositions spontannes d aide. Il y a quelques jours, j attendais bien sagement dans un cafe que le soleil baisse un peu pour reprendre la route, quand une equipe de travailleurs fait son entree. Ils sont employes par une compagnie petroliere et se rendent au fin fond de la steppe pour 2 semaines de boulot. Avec mon velo je ne passe pas inapercu et les questions fusent, et bien entendu ils me proposent de m avancer de quelques kilometres. La steppe est grande, et je me dis que l experience vaut le coup d etre tentee, je grimpe dans le minubus et c est confortablement installe, une biere a la main, que je regarde la steppe defiler devant moi. Le courant passe assez bien entre nous, et plutot que de me laisser au bord de la route, ils me proposent de passer la nuit chez eux sur leur site de travail. On prend juste le temps de faire un detour pour acheter du lait de chamelle (en tant qu invite j ai droit a un grand bol pour moi seul) et on arrive dans leur campement au milieu d une tempete de sable. Tout est feutre. Pendant toute la soiree je fait l objet des meilleures attentions. A l insu du chef, on partage quelques verres de vodka avales cul sec et suivis de concombres agrementes d une sauce tomate relevee.
Le lendemain, apres une grosse journee de velo j ai bivouaque au bord de la route. Je ne savais pas etre a 3km d un village ou m attendait une riviere pour un peu de toilette et un cafe ou passer la nuit. C etait un tout petit village, un cafe tout viellot autour duquel des ferrailles n en finissent pas de rouiller. J y ai pris un petit dejeuner. Dans cet etrange decor reignait plus que du calme, il y avait une certaine douceur. Certainement due a la tranquillite du vieux couple tenant le cafe. Lui accroupis alimentant son samovar de crottes de chameaux, elle, courant a la maison pour aller chercher les oeufs de mon petit dejeuner. J aime bien ces fairganas, ou je suis oblige de m abriter aux heures les plus chaudes de la journee, tout y est prevu pour le repos de celui qui circule sur les difficiles routes du Kazakhstan.
Mais, la plus belle rencontre je l ai faite au milieu de la steppe. Je commencais a chercher un endroit ou poser ma tente quand je tombe sur un cafe isole. Deux enfants viennent en courant a ma rencontre, et a peine descendu de velo, que le pere de famille me dit "Alain Remy, Alain Remy....". Le monde est petit car je sais qui est Alain Remy, c est un cycliste qui est en passe de faire la Ciotat/ vietnam et retour en velo. J etais en contact avec lui pour que l on se croise au bord de la route mais nos visas ne nous ont pas permis cette rencontre. J ai beneficie de la forte impression qu Alain a laisse aupres de cette famille, j ai pu partager une superbe soiree avec eux a la lueur de la lampe a petrole. Ils ont chante des chants Kazacks et j ai appris a leur petite fille, Aijane, "Alouette, gentille, alouette, je te plumerais....". Le soir en se couchant elle fredonnait encore l air.... Aijane etait ma grande copine, elle voulait que je reste une nuit de plus. Le matin, il n etait pas question que je paye pour le diner et la nuit, j ai insiste pour donner quelques tengues en disant que c etait pour aider les enfants a l ecole.
La steppe est immense et la traverser completement a velo aurait ete du jusqu auboutisme. Il m aurait fallut encore dix jours de velo en ligne droite pour le faire. Je crois que je vais oublier un peu le velo et mettre a profit ces 10 jours pour prendre le bus pour Almaty et y demander mes prochains visas.
A tres bientot
Philippe
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